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 Brésil : l’élevage intensif nuit à la politique climatique du pays

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Daniel
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MessageSujet: Brésil : l’élevage intensif nuit à la politique climatique du pays   Ven 04 Avr 2008, 11:30

Brésil : l’élevage intensif nuit à la politique climatique du pays

Illustration : Brésil : l’élevage intensif nuit à la politique climatique du pays Développement durable
Développement durable
Au Brésil, les Amis de la Terre ont publié un rapport alarmant sur l’expansion de l’élevage en Amazonie et son impact sur la déforestation. Devenu le premier exportateur mondial de boeuf, le Brésil ne pourra pas concilier cette manne financière avec sa politique climatique, principalement axée sur la lutte contre la déforestation.

Selon les Amigos de Terra, antenne brésilienne des Amis de la Terre, ce ne sont pas la canne à sucre ni le soja qui dévorent l’Amazonie, mais le bœuf. Ou plutôt : la canne à sucre, nouvelle venue dans le Sud, a déplacé le soja vers le centre, qui a lui-même déplacé le boeuf vers le Nord. « Dans la déforestation, le déplacement en chaîne est central » estime Roberto Smeraldi, président de l’ONG Amigos da Terra et auteur d’un rapport très détaillé sur l’avancée du bétail en Amazonie. Principal indicateur de cette pression de l’élevage sur la forêt, la multiplication des abattoirs. Plus de 80 sont répertoriés sur le territoire, mais certains experts estiment qu’on peut compter 80 à 120 installations « sauvages » supplémentaires… Au minimum, l’Amazonie concentrerait en 2007, 41% de l’abattage brésilien de bœufs sur un total de 25 millions de carcasses.
En 2006, l’abattage y a même dépassé la croissance naturelle du troupeau ! « En 1996, raconte Jean Pierre Touran du CIRAD, on se disait déjà : si ça continue, l’Amazonie va permettre au Brésil de devenir le premier exportateur mondial. Dix ans plus tard, on y est ! »
C’est en effet l’expansion du bétail amazonien (74 millions de boeufs soit 3, 3 têtes par habitants mais 25% ne serait pas recensé) qui a permis au Brésil d’exporter plus de boeufs que les second et troisième exportateurs réunis. Grâce à l’Amazonie, la société brésilienne Fri-boï a pu racheter des entreprises argentines et américaines pour devenir le premier opérateur mondial devant Cargill et Tyson.

Mais qui mange donc ce boeuf peu vertueux ? L’Europe tout d’abord - la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Italie-, mais aussi la planète toute entière -Egypte, Etats-Unis, Chine, Russie, Israël, Arabie Saoudite, Côte d’Ivoire, Angola-. Conséquence de cette puissance : le secteur s’inquiète peu de la suspension temporaire des importations par l’Union Européenne en février 2008, à titre de représailles contre la déforestation. Ce n’est pas, cependant, le cas de Lula, qui a vécu l’annonce des chiffres publiés en janvier par l’INPI (Institut National de Recherches Spatiales) comme une catastrophe.

20 millions d'habitants

Pour un pays devenu un interlocuteur privilégié dans les négociations sur le climat, ces 9 à 12 millions de tonnes de CO2 dues à l’élevage amazonien (hors transport) sont assez mal venues, sachant que 20 à 25% des GES mondiaux sont dus à la déforestation. Selon Marina Silva, Ministre de l’Environnement depuis deux mandats et ancienne compagne de lutte du seringueiro Chico Mendès, c’est l’augmentation du prix de la viande bovine sur les marchés mondiaux qui est la cause de la déforestation. Car en Amazonie, il y a aussi des hommes qui réclament leur juste droit à une vie meilleure: 20 millions habitent cette région administrative grande comme 9 fois la France. C’est ce qu’on appelle l’« arc de déboisement ». Martine Droulers, géographe du CNRS spécialiste de l’Amazonie décrit le phénomène: « Des bûcherons s’installent et avec eux, des scieries, des femmes et des machines à décortiquer le riz. Dix ans plus tard, il y a déjà 6 000 habitants mais plus un seul arbre à couper". La scierie déplace ses moteurs 100 km plus loin, emmenant les bûcherons les plus expérimentés. Restée en retrait, au chômage mais sédentarisée, la population se transforme en « municipio » à la marge du front pionnier qui lui, continue encore et toujours d'avancer. « Il y avait 150 municipios en 1970. Il y en a 500 aujourd'hui » ajoute Martine Droulers. En 30 ans, 350 nouvelles « municipalités » ont vu le jour dont certaines, aussi grandes que le Portugal.Toutes les grandes exploitations ont ainsi été gagnées sur la forêt par les paysans pauvres des années 70, venus dans le sillage des scieries.

Mesures réglementaires

Lula, qui a fait de la déforestation son principal argument climatique, assure vouloir tout mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs de réduction de CO2.« Il n’est pas nécessaire de détruire encore un seul arbre en Amazonie, a-t-il déclaré. Celui qui le fait commet une illégalité et surtout, un crime contre l’économie brésilienne ». Il demande que la réglementation soit appliquée là où la plus grande augmentation de destruction d’arbres a eu lieu : le Mato Grosso (9 bovins par habitants, 54% de la déforestation récente), le Para (18%) et le Rondonia (16%), notamment. Le Ministre de la Justice a également annoncé la création de 13 nouveaux postes de réglementation en Amazonie : onze fixes, un fluvial et un aérien ainsi que le déplacement de 780 agents de la Police Fédérale de la Force Nationale de Sécurité et de l’Ibama (Institut Brésilien de Protection de l’Environnement). Parallèlement à la répression, le développement d’autres revenus pour les agriculteurs doit être mis en œuvre. Mais cela suppose des investissements dans la restauration des pâturages abîmés, des normes de certification pour structurer le secteur, en encourageant la petite production familiale et en récompensant, grâce aux mécanismes globaux de compensation climatique, une gestion durable de la forêt.



Kakie Roubaud
Mis en ligne le : 18/03/2008

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