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 SPA Caroline Lanty, SPA: «Si l’écologie a son heure de gloire, les animaux sont les grands oubliés»

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Daniel
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MessageSujet: SPA Caroline Lanty, SPA: «Si l’écologie a son heure de gloire, les animaux sont les grands oubliés»   Mer 24 Mar 2010, 12:48

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Présidente nationale de la Société protectrice des animaux de 2006 à 2008, Me Lanty, avocate, a été réélue à cette fonction le 14 novembre 2009. Cinq jours plus tard, il lui a fallu… rendre les clés (au sens propre). Une telle présidence éclair mérite l’inscription dans le Livre Guinness des records! Que s’est-il passé? Entretien, avec une présidente qui ne préside plus, sur la situation actuelle.

Tout d’abord, une petite mise en condition: rappel historique de l’histoire de la SPA, et son évolution jusqu’à ce jour… par madame la Présidente!
Créée initialement pour mettre fin aux mauvais traitements commis sur les chevaux dans les rues de Paris, la Société protectrice des animaux est née en 1845, à l’initiative du docteur Pariset, soutenue par Victor Hugo. Progressivement, elle est apparue comme l’association en charge des problèmes relatifs aux animaux et des abus et violences dont ils sont victimes. Son action est principalement connue par ses 57 refuges, grâce auxquels près de 40 000 animaux trouvent un nouveau foyer chaque année, ses 12 dispensaires, au sein desquels sont tous les ans pratiquées 120000 consultations vétérinaires au profit d’animaux de personnes disposant de faibles ressources. Mais la SPA, c’est aussi 1100 délégués-enquêteurs bénévoles qui réalisent les enquêtes de maltraitance sur tout le territoire national, 2000 bénévoles dans les refuges, une cellule anti-trafic unique en France pour dénoncer l’odieux commerce et élevage de l’animal de compagnie, 18 «clubs jeunes» pour sensibiliser les 11-17 ans à la protection animale. Bref, une grande fourmilière, ou un grand mammouth…

Et ce grand mammouth-là, qu’il ne faut surtout pas dégraisser, abrite le plus grand refuge d’Europe!
Oui, le refuge de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Il héberge quotidiennement 250 chiens et 200 chats, ainsi que des lapins, hamsters, furets, rats et souris. Il est dirigé par Christophe Bellanger. S’il est souvent qualifié de «carcéral» en raison de ses box petits, étroits et en tôle, c’est plutôt l’image d’une structure dynamique, bénéficiant de la proximité de Paris, que je garde et souhaite donner. 30 salariés et 50 bénévoles participent à l’activité quotidienne : adoptions, abandons, animaux sortis de la fourrière afin de leur éviter l’euthanasie, relations avec les médias, activités du «club-jeunes», cours d’éducation canine. Plus de 3500 animaux y sont adoptés chaque année!

Il semble y avoir « plusieurs SPA ». Le nom n’est-il donc pas déposé?
Si le sigle «SPA» est protégé, le nom «SPA» ne l’est pas. Aussi, chaque structure de protection animale peut, si elle le souhaite, s’appeler SPA et faire suivre du nom de la ville où elle est située. C’est la seule obligation, pour la distinguer des structures dépendant de la SPA nationale.


Qui dirige aujourd’hui cette grande institution, indispensable et incontournable?
Le 19 novembre 2009, le tribunal de grande instance de Paris a désigné une administratrice provisoire pour gérer la SPA avec les pouvoirs réunis de la présidente et du conseil d’administration. Et ce, à la suite du rapport négatif, et, pour ne pas dire très à charge et manquant d’objectivité, de la Cour des comptes. Si la Cour des comptes a, à juste titre, identifié des dysfonctionnements, elle a passé sous silence l’ensemble des actions positives et nombreuses de la SPA. Tout n’était que mauvais ! Imaginez le bulletin d’un élève qui a eu des 5/20 et des 15/20, et sur lequel ne seraient inscrits que les 5/20… L’administratrice provisoire est donc chargée, pour une durée de six mois, prorogeable d’autant (et qui le sera sûrement), de remédier à ces dysfonctionnements tout en poursuivant l’activité première de protection animale. Équation parfois difficile à résoudre… Donc, si je garde un fort attachement pour l’association et un contact régulier avec ses équipes, l'administratrice est seule décisionnaire pour « conduire » la maison. Elle est rémunérée, ainsi que ses collaborateurs, par la SPA, sans que l'on puisse connaître le montant de cette rémunération, ni celui des prestataires de services auxquels elle fait appel.

Ça en fait, des sous…
Par ailleurs, comme le budget 2010 n'est toujours pas voté, de nombreuses missions de la SPA sont amputées : les aides aux associations qui en font la demande sont refusées, dans l'attente… du budget, justement, qui avait pourtant été promis par l'administratrice provisoire pour le 24 janvier 2010 au plus tard.

Quelles conséquences pour l’association et, partant, pour les animaux?
La SPA traverse donc une période un peu particulière, empreinte d’attentisme et d’expectative. Beaucoup de projets sont arrêtés ou mis en veilleuse, la réactivité fait souvent défaut tant les nouvelles procédures peuvent apparaître comme trop rigides pour une bonne réactivité au quotidien en faveur des animaux. La communication est également très réduite, et l’on n’entend plus la SPA sur des thèmes d’actualité qui lui sont pourtant chers et sur lesquels elle a vocation à s’exprimer (loi sur les chiens dits «dangereux», animaux dits «de consommation», tauromachie, trafic de chiens sur la voie publique des grandes villes, etc.).

Que peut attendre la SPA des politiques?
En cette période d’élections, la SPA, comme toutes les autres structures de protection animale, constate avec regret que les candidats font bien peu de cas de la cause animale. Aujourd’hui, il faut en convenir, la bonne volonté et l’envie d’aider et de contribuer ne suffisent plus. La qualité de l’engagement associatif, et de protection animale en particulier (puisque c’est celui qui nous retient), repose avant tout sur la capacité à mettre en place des réponses efficaces et mesurables à la détresse des animaux. La SPA aujourd’hui y parvient, grâce à un réseau solide, des salariés et des bénévoles compétents et dévoués, et des donateurs permettant de poursuivre cette grande aventure. Elle ne doit cependant pas rester sur ses acquis et ne doit pas manquer d’ambition. Le travail qu’elle réalise est considérable, et, si elle devait l’arrêter, ne serait-ce quelques jours, les pouvoirs publics prendraient enfin conscience des très importants services qu’elle rend à la collectivité. Il manque toujours ce foutu intérêt des politiques et des pouvoirs publics sur un sujet encore trop raillé, minimisé, méprisé.

Les animaux font partie de notre vie, donc de la société. La classe politique devrait les prendre en compte, et pourtant… Comment expliquer ce grave manquement à leurs fonctions, que l’on peut même aller jusqu’à qualifier de faute?
Les amis des animaux ne bloquent pas les routes, les stations-service, les aéroports. À quoi bon les écouter? Ils continuent inlassablement ce travail de fourmi, parce que les animaux, eux, n’attendent pas. L’animal, possédé par un foyer sur deux, représentant un commerce de millions d’euros en produits dérivés, n’intéresse pas. Pourquoi? Je l’ignore. L’écologie a son heure de gloire, mais les animaux en sont les grands oubliés. À quand une politique d’envergure de sensibilisation sur les maltraitances? À quand une incitation franche et massive à la stérilisation des animaux de compagnie, seule solution pour résoudre l’équation : trop de naissances de chiens et de chats, et pas assez de familles responsables pour les accueillir? À quand une collaboration entre les associations et les mairies pour une politique de l’intégration de l’animal en ville (et notamment la question du «chat libre»). À quand la mise en place de pratiques d’élevage compatibles avec un minimum de bien-être avant que l’animal finisse dans nos assiettes? L’heure des animaux n’est pas encore venue. Or ce sont les associations qui, dans un premier temps, assument la lutte contre les injustices, ce sont elles qui guettent et apprécient les fractures de la société. Elles suggèrent une meilleure approche des problèmes, donnent des solutions et alertent sur les écueils à éviter.

La protection animale ne serait donc pas légitime?
Les pouvoirs publics reconnaissent certes aux associations en général une légitimité qui se fonde tant sur leur capacité à détecter et à prendre en charge les nouvelles problématiques que sur leur savoir-faire, leur rapidité et leur indépendance dans l’organisation des aides d’urgence, ou leur aptitude à agir au plus près des populations et à générer de nouveaux modes de coopération dans des domaines variés, et enfin leur pouvoir d’alerter, de mobiliser l’opinion, et leur rôle d’éducation et de prévention. C’est particulièrement vrai pour le secteur associatif humanitaire, beaucoup moins pour celui de la protection animale, malheureusement. Mais une prise en compte globale et volontariste du problème animal reste toujours en attente. Pourquoi n’y a-t-il PERSONNE parmi les membres du gouvernement (ministre ou secrétaire d’État) responsable des questions de protection animale? Une personnalité connaissant bien ces dossiers, le milieu et les intervenants, les tenants et les aboutissants. Il n’y a qu’une intervention du politique qui permettra à la protection animale de prendre de l’envergure, et d’acquérir une réelle stature.

Il vaudrait donc mieux sortir la protection animale du milieu associatif?
Si elle reste cantonnée au secteur associatif, sans passerelle ou présence au sein du gouvernement, des conseils régionaux et généraux, des communautés de communes et des municipalités, la protection animale manquera de visibilité et de poids, et les animaux ne s’en porteront pas mieux. Oui, il le faudrait, et vite, pour que vienne enfin l’heure des animaux…

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Propos recueillis par Luce Lapin
13 mars 2010
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