Pour un mode de vie éthique et sans souffrances
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Entretien avec un généraliste végétalien: "Devenez tous végétaliens, nom d’un boucher !"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Entretien avec un généraliste végétalien: "Devenez tous végétaliens, nom d’un boucher !"   Mar 27 Oct 2009, 09:36

Article extrait du Journal Alliance Végétarienne n° 74 - Décembre 2003

Le Dr Jérôme Bernard-Pellet, généraliste en région parisienne, a récemment répondu à une interview (en ligne sur http://www.interdits.net/2003aout/toubib.htm le 21 août 2003). En voici les principaux passages, publiés avec son autorisation.

JérômeMédecin et végétalien, cela doit rassurer ceux qui craignent les carences ?

Oui cela rassure beaucoup les végétaliens, car l’hostilité du corps médical français (je dis « français » car c’est très différent en Angleterre ou aux États-Unis) vis-à-vis du végétalisme est encore très importante. Le végétarisme commence par contre à être assez bien accepté. Cette hostilité vis-à-vis du végétalisme vient probablement des ouvrages de diététique des années 1950, qui étaient très défavorables au végétalisme. Cette position était probablement basée sur l’observation de quelques cas de végétaliens non avertis qui n’avaient pas respecté certaines règles de base (notamment sur la vitamine B12).

Encore rarissimes en France, les médecins végétaliens constituent par leur existence même une réponse sereine et crédible aux allégations alarmistes de leurs confrères quant au végétalisme. Pourtant, une alimentation végétalienne bien menée (notamment supplémentée en vitamine B12) ne donne absolument aucune carence. Les dernières recherches scientifiques, faites par des médecins qui ne sont pas eux-mêmes végétaliens d’ailleurs, sont très claires là-dessus.

Mais, comme dans tous les domaines, les forces d’inertie sont énormes, et ces informations scientifiques ne sont pas encore passées dans l’esprit du corps médical français. De plus, les végétaliens étant très peu nombreux, rares sont les médecins à s’y intéresser, et donc à se documenter sur la question ; si le cas se présente, ils préfèrent déconseiller un régime qu’ils ne connaissent pas, « par précaution », ce qu’on peut comprendre. La médecine est tellement vaste, qu’on ne peut pas reprocher à un médecin de ne pas tout savoir.

Les grandes revues médicales i internationales, généralement en anglais, qui font un louable effort de rigueur scientifique, sont très favorables au végétalisme […] Je vous invite fortement à consulter la position officielle de l’Association américaine de diététique : www.eatright.org/Public/Files/veg.pdf qui fait la synthèse d’environ 250 articles et études dans le monde. [traduction complète : PositionAAD.pdf (550 K)].

Et en consultant l’un des moteurs de recherche médicaux les plus célèbres au monde : www.ncbi.nlm.nih.gov vous pourrez vérifier par vous- même que la très grande majorité des scientifiques qui ont étudié la question sont favorables au végétalisme.

Quelles sont leurs principales inquiétudes et les réponses à y apporter ?

Comme tout régime, omnivore ou végétarien(lien), il y a un certain nombre de règles de base à respecter :

* Faire trois repas par jour ou, mieux, quatre.
* Avoir une alimentation variée contenant des fruits et légumes, frais et cuits, des céréales complètes (pâtes, pain complet, maïs, riz, etc.), des légumineuses, des noix, des graines, du lait de soja supplémenté en calcium, du tofu
* L’alimentation doit permettre de garder un poids stable.

Si on prend du poids ou si on en perd au point de sortir de sa fourchette de poids idéal, c’est qu’il y a une erreur alimentaire quelque part, qualitative et/ou quantitative. La surveillance du poids est un indicateur facile à mettre en œuvre et qui peut rendre service. Les points spécifiques au végétalisme à prendre en compte sont les suivants :
_ Une supplémentation en vitamine B12 est indispensable [voir annexe page 9].
_ Vous devez utiliser une source fiable de calcium comme du lait de soja supplémenté en calcium (vérifier ce point sur l’emballage), du tofu préparé avec un sel de calcium (ce qui est souvent le cas), le chou chinois, le brocoli, certaines graines germées.
_ La vitamine D est pratiquement absente des végétaux, mais l’être humain en fabrique facilement à partir de l’exposition au soleil, une exposition de 10 minutes par jour en laissant découverts mains, bras et visage étant suffisante. Ceux ayant la peau mate ou ne s’exposant jamais au soleil doivent envisager de se supplémenter en vitamine D2 (la vitamine D3 est d’origine animale). Une solution pratique, et la moins onéreuse pour un adulte, est de prendre une ampoule de Stérogyl.15 A 600 000 UI, une seule fois par an. Coût : 1,6 € par an, remboursé.

Si ces règles sont respectées, notamment pour la vitamine B12, n’ayez aucune crainte, vous n’aurez aucune carence. Non seulement vous n’aurez pas de carence, mais par-dessus le marché, vous aurez droit à d’importants bénéfices sur la santé, avec une diminution des maladies cardiovasculaires, de certains cancers (côlon et prostate), du risque de contracter un diabète de type 2 ou de devenir hypertendu. Or ces maladies, très fréquentes, sont de véritables fléaux. Ca donne réellement envie de devenir végétalien.

Ces découvertes scientifiques, dont parle la position officielle de l’Association américaine de diététique, tendent à démontrer la supériorité du régime végétarien(-lien) sur le régime omnivore. Le prétendu « danger » du végétalisme vole donc en éclat, et on devrait plutôt parler des dangers qu’il y a à manger de la viande. Il ne s’agit pas de basse propagande mais de données très sérieuses que vous pouvez vérifier avec les références que j’ai données.

Qu’est-ce qui t’a amené personnellement au végétalisme ?

J’ai d’abord été végétarien pendant 15 ans avant de passer au végétalisme. C’est la prise de conscience de la grande souffrance des animaux, dès mon adolescence, qui m’a fait prendre cette décision. J’avais vu mon grand-père maternel tuer des lapins (il utilisait une technique consistant à les saigner à la patte), ce qui m’avait fait plus que réfléchir sur la question de la souffrance animale et ses justifications […]. C’est tout récemment que je suis passé au végétalisme, influencé dans le bon sens du terme par des amis végétaliens. Jusqu’à une période récente, j’avais la fausse idée que le végétalisme comportait des dangers pour la santé, le discours dans le milieu médical français étant : “végétarisme : Ok, végétalisme : danger”. Inquiet pour la santé des amis végétaliens que je côtoyais, et sensible au fait que je participais à des souffrances importantes comme les élevages de poules pondeuses en batterie, j’ai fait les recherches nécessaires dans la littérature médicale internationale. J’ai constaté que ces craintes n’étaient pas fondées scientifiquement, comme nous l’avons vu longuement en début d’interview.

Je suis donc passé en toute quiétude au végétalisme, sachant à la fois que c’était une évolution logique compte tenu de mes convictions, et que, cerise sur le gâteau, c’était favorable à ma santé.

Tu exerces du côté de paris comme médecin généraliste, te connaistu des confrères végétaliens ailleurs en france ?

Effectivement, j’exerce en région parisienne en tant que médecin généraliste remplaçant. Ne me cherchez pas dans l’annuaire, car seuls les médecins installés y figurent, ce qui n’est pas mon cas. Je pense m’installer dans quelques années en banlieue parisienne. Je connais d’autres médecins végétariens, ainsi que plusieurs étudiants en médecine. Il existe d’ailleurs une petite liste des médecins végétariens installés sur le site suivant : http: / / w w w . d i e t o b i o . c o m / m e d e c i n s / index.html. Je n’y figure pas, car la webmestre n’a voulu inscrire que les médecins installés. Par contre, je ne connais pas d’autres médecins végétaLiens. Hormis une étudiante en médecine à Rouen, qui est une authentique végétalienne, et pour laquelle j’ai beaucoup d’estime sur le plan professionnel : elle a un esprit scientifique et connaît bien l’épidémiologie. Elle sera une grande doctoresse végétalienne, j’en suis persuadé.

N’est-ce pas trop dur de défendre cette position dans le milieu médical ?

La réponse est clairement non, ce n’est pas si difficile. Les preuves scientifiques sont là, et un médecin un peu honnête ne peut plus soutenir que le végétalisme bien mené est dangereux, en tout cas s’il a pris la peine de se documenter un peu dans la littérature médicale récente […].

Es-tu plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir du monde ?

Je suis très inquiet. L’obsession du court terme, et son corollaire, l’absence de vision à long terme, mine nos sociétés. Chacun ne voit pas plus loin que le bout de son nez et défend égoïstement son propre intérêt, n’hésitant pas à sacrifier l’intérêt général, voire même son propre intérêt à long terme. Ceci est vrai à la fois à l’échelon individuel, et à l’échelon des gouvernements (ces derniers souvent euxmêmes freinés il est vrai dans l’application de réformes pourtant nécessaires par une population ultraconservatrice). Je fais allusion par exemple aux marins pêcheurs, qui ont refusé obstinément la diminution des quotas et l’augmentation de la taille des mailles des filets, alors que continuer à un tel niveau de pêche signifie la disparition de leur activité économique à long terme, ce qui est pourtant contre leur propre intérêt. C’est dire l’inconséquence et l’irresponsabilité de ces gens-là.

On pourrait multiplier les exemples. Le plus criant concernant sans doute les problèmes liés à l’environnement, où on a l’impression d’assister à un véritable suicide collectif, sans que personne, au niveau individuel, au niveau gouvernemental, prenne les mesures radicales qui s’imposent. On reporte le problème à plus tard, et sur d’autres personnes sans doute ! […] Ceux qui viennent au monde actuellement risquent d’en baver un maximum dans le futur... Redresser la barre est une urgence. J’espère qu’il est encore temps.

Quelle serait ta définition du mot « interdit » ?

Ce qui est interdit dans nos sociétés, c’est de dire la vérité. L’homme est l’espèce animale la plus cruelle, et de loin, qui ait jamais existé sur terre. Nous croire « civilisés » est un mensonge grossier qui ne résiste pas à une analyse objective de la situation. L’industrie de la viande est une machine infernale, qui torture les animaux à grande échelle, une machine diabolique à fabriquer le malheur, la souffrance dans une proportion si incommensurable (quand on parle d’animaux sacrifiés, il faut parler en milliards) qu’elle ravale l’homme au rang de sombre brute. Et je ne parle pas de la vivisection... Continuer à manger de la viande, c’est se rendre complice (pour ne pas dire être le commanditaire) de ces crimes abominables. Manger de la viande est totalement inutile diététiquement à l’être humain, pour ne pas dire nuisible. C’est injustifiable, comme était tout aussi injustifiable l’esclavage des Noirs et l’oppression des femmes. L’industrie de la viande est une nuisance pour l’environnement, pour la santé, et pour les animaux. Elle contribue à la pollution des nappes phréatiques, au gaspillage des ressources, à la déforestation. Il faut 7 grammes de protéines végétales pour faire un gramme de protéines animales. Autant les manger directement. Devenez tous végétaliens, nom d’un boucher !


Le lien : http://www.vegetarisme.fr/Articles/JournalAV/ToubibVg.html
Revenir en haut Aller en bas
 
Entretien avec un généraliste végétalien: "Devenez tous végétaliens, nom d’un boucher !"
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum VG :: ACTUALITES - INFOS - DOCUMENTATION - REVUES :: Les News - Actualités - Infos-
Sauter vers: