Pour un mode de vie éthique et sans souffrances
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Foie gras : la cruauté made in France

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Daniel
Modérateur


Masculin
Nombre de messages : 5739
Age : 59
Localisation : Roquettes
Activité : militantisme pour les animaux
Loisirs - passions : méditation, photographie
Date d'inscription : 06/07/2007

MessageSujet: Foie gras : la cruauté made in France   Mar 02 Déc 2008, 21:05

Information: Stop Gavage

Le foie gras en France et dans le monde

Le foie gras est produit est consommé dans plusieurs pays du monde. Mais cette industrie de la suralimentation forcée des oiseaux est largement concentrée sur un seul pays : la France. De plus, ce sont des industriels français qui exportent ce « savoir-faire » vers de nouveaux producteurs (la Chine), qui détiennent de larges participations dans les sociétés du second producteur mondial (la Hongrie), qui font la promotion du foie gras aux Etats-Unis, etc.

En 2007, on a produit 27 000 tonnes de foie gras dans le monde. La part relative des pays dans la production totale est la suivante (1) :

France : 76%
Hongrie : 9%
Bulgarie : 8%
Espagne : 4%
Etats-Unis : 1%
Chine : 1%
Canada/Québec : 0,6%
Israel : 0,4%
Belgique : 0,4%

La France consomme à elle seule 68% de la production mondiale de foie gras. (2)

La filière du foie gras a obtenu en 2005 du Parlement français le vote du loi selon laquelle « Le foie gras fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France. » (3) La France cherche aujourd’hui à obtenir de l’UNESCO qu’elle classe la gastronomie française dans le « patrimoine mondial de l’humanité ».


Comment produit-on le foie gras au « pays de la gastronomie » ?

Le foie gras est une production industrielle dominée par de grands groupes (Euralis Gastronomie, Delpeyrat et Labeyrie). Les petits producteurs traditionnels ne réalisent que 12 % de la production. (4) Les oiseaux gavés sont à plus de 97% des canards et donc à moins de 3% des oies. (5)

Quatre-vingts millions de canetons naissent chaque année en vue de produire du foie gras. Dès la sortie de l'oeuf, le sexage oriente la majorité des femelles vers la mort par gazage ou broyage. Le gavage des mâles débute à l’âge de 80 jours. La majorité d’entre eux (75 %) sont alors placés dans de minuscules cages individuelles. Les autres sont enfermés dans des cages ou parcs collectifs. Deux fois par jour, un tube est enfoncé jusqu'à leur estomac et jusqu'à 1 kg de pâtée de maïs leur est injectée en quelques secondes à l'aide de pompes pneumatiques ou hydrauliques. Au bout de 12 jours, s'ils ne sont pas morts avant, ils sont conduits à l'abattoir pour y être tués et transformés en foies, confits, et magrets.

Au terme de la période de gavage, le foie a atteint jusqu’à 10 fois sa taille normale. Les autres organes sont compressés, la régulation thermique est altérée, les oiseaux halètent, souffrent de diarrhées. De nombreuses pathologies se développent en raison du gavage (maladies du système digestif, déminéralisation des os) auxquelles s’ajoutent les blessures provoquées par le passage de l’embuc. Beaucoup d’oiseaux ne résistent pas à ce traitement et meurent avant la date d’abattage. La mortalité pendant la période de gavage est 6 fois plus élevée que pendant la période d'élevage qui la précède.

Un produit de plus en plus contesté au niveau mondial

Partout, les associations de protection animale se mobilisent contre le foie gras. En 1998, un rapport d’experts de la Commission européenne établit que le gavage est préjudiciable aux oiseaux. (6)

Le gavage est interdit dans de nombreux pays, soit par la législation générale concernant les animaux, soit par une loi spécifique. Au cours de la dernière décennie, cette interdiction s’est étendue à des pays jusqu’alors producteurs : Pologne, Italie, Israël, Californie. (7)

Pendant ce temps, la production, la consommation et les exportations françaises de foie gras augmentaient inexorablement à un rythme soutenu.

Pourtant, les choses évoluent au pays de la cruel delicacy. Le refus de cette pratique barbare est devenu beaucoup plus audible depuis la création de Stop Gavage en 2003. Les images tournées dans les élevages dévoilent une réalité ignorée du public. A l’approche des fêtes de fin d’année, diverses associations se mobilisent dans de nombreuses villes pour informer la population de ce que subissent les oiseaux gavés. Fait inconnu il y a seulement 5 ans : les média évoquent la contestation du foie gras.

Sur les 3 premiers trimestres 2008, les exportations françaises de foie gras ont baissé de 15% par rapport à la même période de 2007. Depuis le début de l’année 2008, les importations de foie gras en France ont diminué de 20% et la consommation des ménages est en baisse. La crise économique mondiale des derniers mois a sans doute joué, mais ces tendances se sont manifestées avant qu’elle ne débute. (9)

Le début du déclin de la cruauté made in France ?


-------------------------------------------------------------------------------------------
(1) Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (CIFOG), Rapport économique 2007, 2008
(2) Consommation estimée en France en 2007 : 18 300 T. Office national interprofessionnel des viandes, de l'élevage et de l'aviculture (OFIVAL), Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2007 - Le marché des produits avicoles en France, février 2008, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
(3) Art. L. 654-27-1 du code rural, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
(4) Institut technique de l'aviculture, Résultats Technico-économiques des éleveurs et gaveurs de palmipèdes gras - résultats 2006, 2007.
(5) Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2007 - Le marché des produits avicoles en France, op. cit.
(6) Commission européenne - Comité scientifique de la santé et du bien-être des animaux, Welfare Aspects of the Production of Foie Gras in Ducks and Geese, 16 décembre 1998, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
(7) [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
(9) Office national interprofessionnel des viandes, de l'élevage et de l'aviculture (OFIVAL) - Comité Palmipèdes à Foie Gras, Palmipèdes à foie gras : Situation des marchés , 20 novembre 2008. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Source/Quelle: Stop Gavage (a campaign of L214)
Autor: Antoine Comiti, Brigitte Gothière, Estiva Reus

_________________
Changer le monde revient à se changer soi-même car le monde n'est que le reflet de nous-même...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.animalamnistie.fr/accueil.html
Daniel
Modérateur


Masculin
Nombre de messages : 5739
Age : 59
Localisation : Roquettes
Activité : militantisme pour les animaux
Loisirs - passions : méditation, photographie
Date d'inscription : 06/07/2007

MessageSujet: L’OBJET DU SCANDALE sera Le foie gras.   Jeu 04 Déc 2008, 17:25

L’OBJET DU SCANDALE sera Le foie gras.

A l’approche des fêtes, Guillaume Durand et ses invités débattent du met le plus
raffiné et le plus contesté de notre gastronomie. Le foie gras est-il un objet
de scandale ?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Changer le monde revient à se changer soi-même car le monde n'est que le reflet de nous-même...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.animalamnistie.fr/accueil.html
Valkyrie



Féminin
Nombre de messages : 2158
Age : 24
Localisation : chez moi
Date d'inscription : 10/08/2007

MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Jeu 04 Déc 2008, 17:52

ça passe à la télé, ça??? :shock:
Revenir en haut Aller en bas
Daniel
Modérateur


Masculin
Nombre de messages : 5739
Age : 59
Localisation : Roquettes
Activité : militantisme pour les animaux
Loisirs - passions : méditation, photographie
Date d'inscription : 06/07/2007

MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Jeu 04 Déc 2008, 18:00

Valkyrie a écrit:
ça passe à la télé, ça??? :shock:

c'est passé le 30 novembre, je ne l'avais pas vu juste entendu parler je vous conseille de le voir tant que le lien marche, ça dure a peu prés 30 mnts fort intéressant à mon avis ;)

_________________
Changer le monde revient à se changer soi-même car le monde n'est que le reflet de nous-même...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.animalamnistie.fr/accueil.html
Valkyrie



Féminin
Nombre de messages : 2158
Age : 24
Localisation : chez moi
Date d'inscription : 10/08/2007

MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Jeu 04 Déc 2008, 18:08

quelques infos glanées sur le net...

Une réponse à l’article « Le gavage est-il indolore ? »
Décembre 2006

Paru dans le n°10 de la revue "Cerveau et Psycho", cet article, à la partialité douteuse, a suscité la réaction du Dr vétérinaire Yvan Beck que nous vous livrons ici.

-
Une introduction qui donne le ton
La lecture de cet article m’incite à vous livrer quelques réflexions dont les thèmes s’inspirent des lignes d’introduction : « L’étude du système nerveux des oies et des canards révèle que ces animaux ne semblent ressentir ni stress ni souffrance pendant le gavage. Les volontés internationales visant à interdire la production de foie gras tiendront-elles compte de cette réalité scientifique ? » Dès le départ, les auteurs reconnaissent l’ambiguïté de leur propos : « ne semblent ressentir », n’est pas affirmer « que les canards ne ressentent pas »… Fort heureusement par ailleurs pour la réalité scientifique qu’ils évoquent ensuite, pour peu qu’on la situe dans une approche systémique.

Une approche réductionniste

Car cette étude neurobiologique n’explore que certains facteurs physiologiques et anatomiques, dans des conditions expérimentales particulières. Une telle approche est tellement réductionniste qu’en généraliser les conclusions aux animaux soumis en élevage intensif, au gavage et à une stéatose hépatique extrême, me semble bien péremptoire. Restons sérieux. Ces paramètres sanguins, isolés, n’autorisent aucune conclusion quant à l’état de santé des animaux, vu dans sa globalité. Ils ne donnent qu’un « état des lieux », partiel. Ils se limitent à certaines capacités réactionnelles, soumises aux influences variées de l’environnement et du temps, ainsi qu’à la manière de réagir de chaque individu. Un animal n’est pas un autre, après tout…

Un renouveau pour Descartes ?

Les auteurs n’hésitent d’ailleurs pas à dire qu’il faut retirer « toute composante émotionnelle et psychologique dont l’expression, liée à la complexité des structures cérébrales, est difficile à évaluer chez l’animal ». En d’autres termes, et toujours selon eux, l’animal ne pense pas et ne ressent pas d’émotions. Cette fois, nous faisons un bond de plus d’un siècle en arrière. De Descartes aux premières heures de l’éthologie, on pouvait concevoir l’animal comme une simple machine, réagissant chimiquement aux stimuli qu’on lui imposait. Aujourd’hui, je laisse aux éthologistes cognitifs le soin de commenter à sa juste valeur la pertinence de telles affirmations… Quant aux chercheurs qui limitent leurs études aux expérimentations en laboratoire, ils pourraient découvrir un jour en promenant leurs éprouvettes dans un univers plus vaste, celui du monde vivant observé dans toutes ses interactions, combien de certitudes s’effacent devant le spectacle du vivant exprimé dans toute sa plénitude.

Ou une simplification réfléchie…

Pourtant, de telles simplifications ne sont pas perdues pour tous ! Il n’y a ici ni naïveté, ni omission. Cette simplification à outrance est voulue. Elle est le préalable indispensable à la mise en place de toute la machine industrielle. Si l’animal n’est pas vu comme un objet, comment l’insérer dans une chaîne d’élevage intensif ? Le secteur sait comment utiliser au mieux les conclusions de tels protocoles expérimentaux. Qui accepterait de soumettre des êtres vivants à de telles horreurs, si on leur reconnaissait la capacité d’avoir une représentation mentale de leur environnement au sens large, incluant tout ce qu’elle susciterait - comme pensées et émotions - en réponse au mode de vie que nous leur imposons ?

Des scientifiques oubliés !

Affirmer ensuite que les « arguments opposés à la production de foie gras ne résultent jamais d’approches expérimentales » exclut tous les scientifiques pourtant rigoureux, mais non liés au secteur de la production (1), qui se sont exprimés sur ce sujet. Cette nouvelle simplification tend à réduire le débat à une confrontation entre protection et production animale, opposant les âmes sensibles d’une part, aux scientifiques objectifs d’autre part. Ce n’est pas le cas. De très nombreux scientifiques, tout aussi objectifs, ne se reconnaissent aucunement dans cet article. Mais surtout, une telle confrontation éluderait les vraies questions, notamment celle de savoir si ce que nous faisons est conforme aux valeurs que nos sociétés veulent promouvoir (2). Et là, les choses sont beaucoup plus simples. Il n’est pas nécessaire de faire appel à de savantes évaluations, juste au bon sens… Reste à voir ensuite comment chacun ajuste ses comportements à de telles exigences.
La production de foie gras, particulièrement en élevage intensif, engendre des souffrances physiologiques et éthologiques aux palmipèdes. C’est un fait. La vraie question est de savoir si on l’accepte ou non…

Ce que disent les textes européens

D’après le conseil de l’Europe : « Tout animal doit bénéficier d’un logement, d’une alimentation et de soins qui, compte tenu de son espèce, de son degré de développement, d’adaptation et de domestication, sont appropriés à ses besoins physiologiques et éthologiques, conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques. » (3) Il stipule également que : « La liberté de mouvement propre à l’animal, compte tenu de son espèce et conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques, ne doit pas être entravée de manière à lui causer des souffrances ou des dommages inutiles. » (4)

Les besoins physiologiques ignorés

Or l’alimentation des palmipèdes gavés ne couvre pas leurs besoins physiologiques. « Il s’agit d’un aliment déséquilibré, destiné à favoriser artificiellement un processus de transformation puis de dégénérescence du foie, appelé stéatose hépatique. Si un tel aliment leur était présenté dans des conditions naturelles, les oiseaux le refuseraient. A long terme, s’il leur était donné en quantités normales, ils ne pourraient survivre aux carences qu’il provoquerait. » (5)


Une interprétation douteuse des besoins éthologiques


Pour ce qui est du respect des besoins éthologiques des oiseaux, j’ai assisté il y a quelques années (6) à une discussion entre représentants des différents gouvernements européens qui illustre de façon remarquable l’imagination dont nous savons si bien faire preuve pour ajuster ce que nous préconisons (en l’occurrence les conventions européennes en matière de protection des animaux de ferme) à ce que nous faisons (leur application soumise aux exigences du marché)…. Les canards et les oies sont des espèces aquatiques. Dans l’esprit de cet article, ils doivent avoir à ce titre un libre accès à l’eau. Or, des oiseaux concentrés en si grand nombre dans un espace restreint, rendent impossible – pour des raisons sanitaires évidentes – l’accès à une mare. La solution proposée après plusieurs heures de débat, fut de suspendre une pipette qui délivre l’eau – au goutte à goutte et à heure déterminée – au-dessus des têtes des oiseaux placés dans des cages de batteries…

Expérience et connaissances ou manipulation du public ?

La mécanisation du système en batterie garantit un haut rendement, et la pipette « réconforte » le public auquel on assure que canards et oies en ayant « accès » à l’eau, restent bien des canards et des oies à part entière… Leurs ailes ne servent plus à voler. Leurs pattes ne servent plus à marcher. Leurs doigts palmés ne servent plus à nager. Mais cette goutte qui tombe à heure fixe sur leur tête et leur permet de lisser leurs plumes respecte leurs besoins physiologiques et éthologiques, « conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques… »
Que les souffrances soient liées directement ou indirectement au gavage, la finalité du processus aboutit à… un organe malade !

Souffrances ignorées

La convention européenne précise que : « Aucun animal ne doit être alimenté de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles et son alimentation ne doit pas contenir des substances qui puissent lui causer des souffrances ou des dommages inutiles. » (7) Or l’affirmation selon laquelle le volume du foie n’affecte pas la santé des oiseaux n’engage à nouveau que ses auteurs. La thermorégulation est l’un des facteurs qui participe – au moment de la digestion – à provoquer un halètement chez les oiseaux. Mais l’absence de diaphragme et la compression des sacs aériens par le foie gras démesuré sont – pour nombre de spécialistes en pathologie aviaire – à l’origine de la détresse respiratoire qui apparaît au terme du gavage. Les animaux sont alors incapables de se déplacer, ni même de tenir debout. ( 8 )

Réellement malades…

L’article termine enfin, en invoquant le sempiternel argument selon lequel le foie stéatosé « ne reflète en rien une pathologie, mais correspond à un état transitoire réversible ». En d’autres termes : un tel foie n’est pas malade ! Je ne connais aucun thérapeute – et encore moins d’anatomo-pathologiste (9) - qui oserait soutenir pareille allégation, et cela pour deux raisons. Tout d’abord, beaucoup de pathologies, de toutes origines, sont réversibles. Fort heureusement pour le malade et le médecin. La réversibilité d’une lésion n’a rien à voir avec « l’état de maladie ». Tout comme une fracture consolidée ne signifie aucunement que l’os n’a pas été cassé. Il y a simplement… guérison ! La stéatose hépatique du foie gras n’échappe pas à cette règle. Le foie a une aptitude incroyable à guérir, à surmonter les agressions extérieures. Bien plus que d’autres organes, comme les reins par exemple, dont les lésions sont bien souvent définitives. Cependant, si le processus de stéatose dépasse un certain seuil - celui de la capacité régénérative du foie - une telle réversibilité disparaît. Il n’y a plus de retour en arrière. Les canards succombent à leur stéatose, comme le montrent d’ailleurs les taux de mortalité (10) particulièrement impressionnants en fin de gavage… Si l’on prolongeait cette pratique ne fut-ce que d’un jour, la plupart d’entre eux y succomberait !

Une conclusion européenne

C’est pourquoi le rapport d’expertise (11) de l’union européenne affirme "En conclusion, il y a des preuves suffisantes qui démontrent que tant la structure que la fonction hépatique sont sérieusement altérées et modifiées chez les oiseaux gavés." . Cette dégénérescence du foie, orchestrée méthodiquement par l'homme sur un animal vivant, est directement et indirectement à l'origine de souffrances mises en évidence par de nombreux scientifiques . (12) Ce rapport insiste encore sur le fait que "les techniques traditionnelles de gavage se sont dramatiquement modifiées durant les trente dernières années pour rationaliser et industrialiser une production afin d'en accroître les bénéfices. Ceci a eu un impact direct tant sur les espèces soumises au processus que sur les conditions de détention et la composition des aliments livrés à la consommation. Ces modifications se sont faites sans aucune considération quant au bien-être animal. Il est évident que non seulement les conditions de bien-être n'ont pas été améliorées, mais qu'au contraire elles se sont détériorées."

Une justification socio-économique insuffisante

Nous sommes bien loin d’une action militante des associations de protection animale pour discréditer un produit aux yeux de la population urbaine, comme voudrait la présenter cet article. Il existe bien un consensus, général, qui reconnaît la cruauté de cette pratique. Les seuls qui le nient sont les producteurs, en France particulièrement puisqu’elle représente à elle seule 80 % de la production mondiale. On comprend pourquoi la seule justification que lui accorde l'UE est d'ordre socio-économique. Pour le reste « le comité scientifique suggère des pistes pour améliorer à court terme le sort des oiseaux, et à long terme il préconise la mise à l'étude de méthodes alternatives au gavage." (13) Tout simplement, pour mettre un terme à cette pratique que le plus élémentaire bon sens condamne, ainsi que les valeurs éthiques qu’il inspire à nos sociétés.

1 - Les travaux de recherche sur le gavage présentés par l'INRA sont financés par le CIFOG, l'interprofessionnelle du foie gras
2 - Valeurs qu’elles affirment par des législations nationales et internationales.
3 - Conseil de l’Europe : Convention Européenne sur la Protection des Animaux dans les élevages - Strasbourg 10/03/1976 (titre I - art 3)
4 - Conseil de l’Europe : Convention Européenne sur la Protection des Animaux dans les élevages - Strasbourg 10/03/1976 (titre I - art 4 - par.1)
5 - Rapport d'un groupe d'expertise belge sur le gavage forcé (1996) : Dr JM Guilmot ; Dr M.Heymann ; Dr Y.Beck ; Dr C.Van Berchem et Professeur René Zayan.
6 - En tant qu’observateur pour la WSPA (world society for the protection of animals) à Strasbourg
7 - Conseil de l’Europe : Convention Européenne sur la Protection des Animaux dans les élevages - Strasbourg 10/03/1976 (titre I - art 6).
8 - op cité 5
9 - op cité 5
10 - Selon les données de la filière elle-même (rapport économique CIFOG), le gavage tue chaque année en France plus d’un million d'animaux…
11 - Rapport de décembre 1998 du Comité Scientifique sur la Santé et le Bien-être Animal émanant de l'Union Européenne
12 - Op cité 5 et « Le gavage des palmipèdes et la production de foie gras: une approche globale d'un choix de société » - Mémoire de fin d'études dans le cadre DES en Environnement ; Université Libre de Bruxelles IGEAT ; 1994 ; Dr Yvan Beck ; Grande distinction
13 - op cité 11

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Valkyrie



Féminin
Nombre de messages : 2158
Age : 24
Localisation : chez moi
Date d'inscription : 10/08/2007

MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Jeu 04 Déc 2008, 18:13

encore de la lecture:

un rapport européen datant de 1998 a été publié sur le sujet :

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

-------------------------------

Rapport du Comité scientifique de la Commission Européenne de la santé et du bien-être des animaux[1]

« Les aspects de bien-être des canards et oies dans la production de foie gras ». Adopté 16/12/1998

Le groupe de travail qui a établi ce rapport était constitué de :

* Dr. P. Le Neindre
Institut National de la Recherche Agronomique, Theix, France
* Prof. P Willeberg
Royal Veterinary & Agricultural University, Frederiksberg, Danemark.
* Prof. P. Jensen
Swedish University of Agricultural Sciences, Skara, Suède
* Prof. D Broom
Dept. of Clinical Veterinary Medicine, University of Cambridge, Grande-Bretagne
* Prof. J. Hartung
Institut fur Tierhygiene und Tierschutz, Tierarztliche Hochschule Hannover, Allemagne
* Dr. R. Dantzer
Neurobiologie Intégrative Unité 394, INSERM, Bordeaux, France.
* Prof. D. Morton
Dept. of Biomed. Science and Biomed. Ethics, Medical School, University of Birmingham, Grande-Bretagne
* Prof. P. Bénard
Faculty of Veterinary medicine,Université de Toulouse, France
* Prof. M. Verga
Facolta di Medicina Veterinaria, Universita di Milano, Italie
* Dr. J.M. Faure
Poultry Research Station (INRA), Nouzilly, France
* Dr. I. Estevez
* Dr. B. Nicks
Faculty of Veterinary Medicine,University of Liège, Belgique

Section « Force feeding and pathology » qui traite de la réversibilité de la 'stéatose hépatique' (condition d'un foie hypertrophié d'un animal gavé) et du caractère pathologique du foie gras :

« La réversibilité de la stéatose [...] ne signifie pas que les changement dans le foie ne sont pas pathologiques. [...]. Une autre indication du degré pathologique des changements du foie sont de considérer si les oiseaux mourraient si la stéatose qui existe à la fin de la période de gavage devait continuer. Tous les producteurs prennent soin de maintenir des bons résultats techniques et de ne pas continuer le gavage quelques jours de plus parce que s'ils le faisaient, une très haute mortalité peut se produire. Les foies de ces animaux montreraient une stéatose à peine plus avancée avant qu'ils ne meurent. L'étude expérimentale dans laquelle le niveau de stéatose qui existe à la fin de la période de gavage serait maintenant pour quelques jours n'a pas été effectuée. Cependant, si le gavage est poursuivi pendant 3 à 4 jours (Bogin et al., 1984), le niveau de dommage aux cellules augmentent significativement. Cela est cohérent avec les rapport des fermiers qui indiquent que la mortalité augmente si le gavage continue plus longtemps que d'habitude. Il apparaît donc que le niveau de stéatose ordinairement observé en fin de gavage ne serait pas tenable pour beaucoup des oiseaux. Pour cette raison, et parce que le fonctionnement normal du foie est sérieusement altéré chez ces oiseaux au foie hypertrophié en fin de gavage, ce niveau de stéatose doit être considéré comme pathologique. »

Autres extraits de ce rapport [2]:

Le gavage fait grossir le foie jusqu'à élargir l'abdomen. Il est ensuite logique que les pattes soient positionnées plus loin de la ligne médiane du corps, ce qui rend la locomotion plus difficile. [...]

La quantité importante d'aliments intubés à grande vitesse au cours du procédé de gavage provoque immédiatement une distension de l'œsophage, une augmentation de la production thermique et du halètement, et l'excrétion de matières fécales semi-liquides.

Les études des taux de mortalité et de pertes pendant les 2 semaines de la période de gavage ont été menées en France, Belgique, et en Espagne. Le taux de mortalité des oiseaux pendant les deux semaines de gavage se situe entre 2 et 4%, à comparer avec des taux de l'ordre de 0,2% chez les oiseaux non gavés. [...] Les causes précises de cette mortalité n'ont pas été documentées mais elles incluent vraisemblablement des blessures physiques, le stress thermique et la défaillance du foie. [...]

Il y a des indices qui indiquent que si les canards et les oies sont gavés pendant plus longtemps que ce qui est le cas commercialement, la mortalité peut être très élevée, principalement en conséquence de la défaillance du foie. Ainsi, il est clair que la stéatose et les autres effets du gavage sont mortels si les procédures sont poursuivies.

Le Comité scientifique de la santé et du bien-être des animaux conclut que le gavage, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux.

[1] Le texte complet de ce rapport est disponible sur le site de l'Union Européenne.

[2] Les traductions des extraits du rapport scientifique sont issues de l'Analyse critique du rapport du Comité scientifique de la santé et du bien-être animal sur la protection des palmipèdes à foie gras, document de la LFDA.
Revenir en haut Aller en bas
Valkyrie



Féminin
Nombre de messages : 2158
Age : 24
Localisation : chez moi
Date d'inscription : 10/08/2007

MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Jeu 04 Déc 2008, 18:15

et si vous voulez lire une conversation sur le foie gras (initiée par moi, à l'aide du premer post de Daniel) c'est là:

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

c'est des vrais gens, des pour des contre, des sceptiques, des végé, des "pilules bleues", y a de tout!! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Foie gras : la cruauté made in France   Aujourd'hui à 15:16

Revenir en haut Aller en bas
 
Foie gras : la cruauté made in France
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum VG :: ACTUALITES - INFOS - DOCUMENTATION - REVUES :: Les News - Actualités - Infos-
Sauter vers: